Compléments alimentaires et fertilité

Complements alimentaires

« Quel complément prendre pour booster ma fertilité ? » C’est LA question qui revient le plus souvent sur les groupes d’essais bébé, les blogs et même en consultation.

Et les industriels l’ont bien compris ! Les compléments et autres tisanes spécial fertilité pullulent et aujourd'hui, internet regorge de conseils et d'articles en tout genre vantant les mérites de tel ou tel complément, souvent présenté comme LE remède miracle pour booster notre fertilité.

Du coup, si je fais une recherche sur mon moteur de recherche préféré (Ecosia pour ma part, le moteur de recherche qui plante des arbres) pour savoir quoi prendre pour optimiser ma fertilité et notamment améliorer ma qualité ovocytaire et endométriale, voici ce que je trouve : de l’acide folique évidemment, des probiotiques, un multivitamines prénatal, des omégas 3 (EPA/DHA), de la Coenzyme Q10, de la DHEA, du gattilier, de la L-arginine, toutes les vitamines du groupe B mais aussi des vitamine E, C et D3, du zinc, du magnésium, du resvératrol, de l’ashwagandha, de la gelée royale, du pollen, des antioxydants, de la spiruline sans compter du jus d’herbe de blé, du green mix dans les smoothies, de la Maca, des infusions de feuilles de framboisier et trèfle rouge et autres mélanges spécial fertilité… Et j’en oublie sans doute !

Le sujet de l'infertilité est devenu un vrai business et le problème est qu’on se retrouve perdu face à une somme d’informations hallucinante ! Or, l'auto-complémentation sans diagnostic préalable n'est pas anodine et peut au mieux vous coûter cher, au pire être délétère pour votre santé.

Je vous explique pourquoi.

La micronutrition, c’est quoi ?

Il existe deux grandes catégories de nutriments :

  • les macro-nutriments, qui forment les constituants de base de nos cellules. Ce sont :

les protéines (les « constituants » de notre organisme)

les glucides ou « sucres » (principale source d’énergie de notre organisme)

et les lipides ou « graisses » (également source d’énergie).

  • et les micro-nutriments, fondamentaux pour notre métabolisme : ils n’ont besoin d’être apportés qu’en très petite quantité, de l’ordre du mg voir du μg. Certains sont synthétisés par notre corps, d’autres en revanche sont dits « essentiels » et doivent être apportés par l’alimentation, notre corps ne pouvant les fabriquer seul.

La micronutrition propose une alimentation adaptée au profil de l’individu. Elle prend en compte ce qu’on appelle les micro-carences, c’est-à-dire des éléments essentiels au bien-être de l’organisme tels que : les vitamines, les oligoéléments, les fibres ou encore les acides gras essentiels. Un déficit voire une carence en ces nutriments a un impact négatif direct sur le fonctionnement de notre organisme.

La valeur nutritionnelle de notre alimentation aujourd’hui

Quand on souhaite optimiser sa fertilité, il est indispensable de commencer par adopter une alimentation variée et équilibrée et un mode de vie sain.

Pour cela, il y a quelques règles élémentaires à respecter :

- fuir les produits chimiques et toxines nuisibles (perturbateurs endocriniens, pesticides, métaux lourds…)

- consommer des aliments bio (moins de pesticides et plus d’anti-oxydants)

- éviter le plus possible les aliments ultra transformés issus de l’industrie agroalimentaire,

- faire la part belle aux légumes et aux fruits tout en laissant une place aux protéines (animales et/ou végétales)

- cuisiner des aliments vrais, bruts, locaux et de saison

- privilégier des cuissons douces (vapeur notamment) pour préserver la valeur nutritionnelle des aliments (les enzymes et la vitamine C commencent à être détruites à partir de 42°, les vitamines B et E à partir de 95°, les minéraux et les oligoéléments perdent en biodisponibilité à partir de 100° et les vitamines A et D sont oxydées autour des 110°C)

- enfin, une bonne mastication améliorera l’absorption et l’assimilation de ce que contiennent les aliments, par votre organisme, sans parler de la diminution d’inconforts digestifs comme des ballonnements

Normalement, la nature nous fournit tout ce dont notre organisme a besoin. Mais le problème c’est qu’aujourd'hui, les sols sont appauvris en minéraux, les pesticides et additifs réduisent ou détruisent la teneur en vitamines des aliments et la récolte trop précoce des fruits et légumes et leur stockage font drastiquement baisser leur valeur nutritionnelle.

C'est pourquoi, en plus d’un rééquilibrage au niveau de l’hygiène de vie, complémenter son alimentation (en acides gras, vitamines, minéraux...) peut nous aider à retrouver de l'énergie et débloquer certaines situations.

Mais attention, cela doit s’effectuer dans un cadre thérapeutique, la nutrithérapie (ou micronutrition) ne s’improvise pas.

Agir sur la cause et non le symptôme

Il est très fréquent que les carences nutritionnelles soient causées par une mauvaise assimilation. Lorsque l’intestin est trop abimé, il ne remplit plus suffisamment son rôle d’assimilation.

Le risque de carences est d’autant plus important puisque l’organisme doit beaucoup plus utiliser ses réserves de vitamines et de minéraux pour neutraliser et éliminer les molécules toxiques qui ne devraient pas franchir la barrière intestinale.

Cela concerne le plus souvent le fer, le calcium, le magnésium, mais la mauvaise assimilation peut être à l’origine de la plupart des carences en vitamines et en minéraux. Les symptômes peuvent s’atténuer ou disparaître avec la prise de compléments alimentaires mais reviennent quelques semaines ou mois après leur arrêt même si l’alimentation a été corrigée pour fournir des apports nutritionnels journaliers suffisants.

Une intolérance alimentaire peut également être à l’origine de carences nutritionnelles. Le cas le plus fréquent est l’intolérance au gluten qui n’est pas toujours détectée (ou identifiée) et qui peut sournoisement affecter votre fertilité en entravant la bonne assimilation des nutriments et/ou en induisant des réactions inflammatoires et auto-immunes qui bloquent le processus reproductif. Dans ce cas, prendre des compléments sans agir sur l’inflammation revient à jeter votre argent par les fenêtres.

Un autre exemple, si votre gynécologue constate que vous avez une phase lutéale (ou post-ovulatoire) courte, il va en conclure que vous avez probablement un déficit en progestérone et vous supplémenter.

Cela peut être efficace à court terme mais il y a peu de chance que le problème soit réglé et votre phase lutéale sera probablement toujours courte à l’arrêt du traitement.

Car un déficit en progestérone peut avoir de nombreuses causes (défaillance du corps jaune, mauvaise qualité ovocytaire, déséquilibre hormonal, exposition aux perturbateurs endocriniens, mauvaise élimination du foie, transit perturbé…)

Conclusion : contrairement à la médecine allopathique (où symptôme = médicament), le principe de la naturopathie est d’agir sur la cause de ce symptôme afin de régler durablement le problème.

Biodisponibillité des vitamines et minéraux

Notre corps ne métabolise que certaines formes de vitamines et minéraux. Il est donc important de connaître la biodisponibilité des nutriments contenus dans les compléments alimentaires afin d’être certain de leur efficacité.

Par exemple, la forme synthétique de la vitamine B12 (cyanocobalamine) est bien moins assimilée que ses versions naturelles (méthylcobalamine notamment). Or, une majorité de compléments contiennent la forme synthétique.

Même chose pour le magnésium. Le chlorure de magnésium est une forme extrêmement biodisponible (assimilation rapide et optimale) mais acidifiante et peut avoir des effets laxatifs. Le glycérophosphate de magnésium est un sel très bien toléré, peu laxatif mais déconseillé en cas de maladies rénales. L’oxyde (et l’hydroxyde) de magnésium est un sel à la teneur très élevée mais à la biodisponibilité moins grande. C’est une forme peu onéreuse et très concentrée mais cependant légèrement laxative. Le magnésium marin se trouve dans le sel de mer, ses teneurs sont excellentes mais sa biodisponibilité plus faible. Le citrate de magnésium est, avec le chlorure de magnésium, la forme la mieux assimilée par notre organisme. Il est très bien toléré et très peu laxatif (cependant déconseillé en cas de colopathie).

On peut également parler de la vitamine B9. Il est reconnu qu’une insuffisance ou une carence en vitamine B9 peut entraîner des malformations du tube neural de l’enfant à naître (malformations congénitales du cerveau, de la colonne vertébrale et/ou de la moelle épinière parmi lesquelles la fameuse spina bifida) qui se forme au cours des 4 premières semaines de grossesse, autrement dit quand on ne sait pas encore que l’on est enceinte.

La vitamine B9, est également utile pour de nombreuses fonctions de notre organisme telles que la synthèse de l’ADN et de l’ARN, le métabolisme des acides aminés/protéines, la croissance et la division cellulaire… C’est pourquoi il est fortement recommandé de se supplémenter en amont de la grossesse.

Or, les gynécologues prescrivent toujours de l’acide folique au début d’un projet de conception, ce qui correspond à la version synthétique de la vitamine B9. Le problème est que l’acide folique dans sa version synthétique doit subir de nombreuses réactions avant de passer par la méthylation et d’être finalement transformé en méthylfolate et être utilisé par notre organisme.

Il est donc préférable de privilégier la forme naturelle de la vitamine B9, appelée folates. Pour ma part, je conseille même de prendre la forme déjà méthylée (méthylfolates) dans la mesure où 53% de la population (hommes et femmes confondus) présente une mutation génétique du gène MTHFR empêchant de bien assimiler l’acide folique.

Interdépendances, synergies et antagonismes

La micronutrition fonctionne selon un système pointu et extrêmement minutieux.

Ainsi certaines vitamines et certains minéraux peuvent inhiber ou améliorer l’absorption ou la fonction d’autres vitamines et minéraux.

Les vitamines B12 et B9 sont par exemple des co-facteurs puisque la vitamine B12 est indispensable à la transformation de la vitamine B9 en folates méthylés assimilables par notre organisme. Donc si vous avez une carence en B12, vous le serez également en B9.

Le magnésium et la vitamine B6 sont quant à eux interdépendants, leur alliance permettant une potentialisation de leurs actions. En effet, la vitamine B6 permet l'absorption du magnésium au niveau cellulaire, et le magnésium une bonne utilisation de la vitamine B6 par l'organisme.

Les vitamines A et C sont des agents synergiques du fer. Un déficit avancé en vitamines A ou C peut nuire à la capacité du corps à utiliser le fer pour la production de globules rouges.

En revanche, le manganèse est un antagoniste du zinc et les deux minéraux empêchent l'absorption l'un de l'autre dans les intestins lorsqu'ils sont consommés en trop grandes quantités.

La vitamine C est antagoniste au cuivre et inversement, trop de vitamine E réduit l’absorption de vitamine K, un excès de calcium nuit à la synthèse de vitamine K, au fer, au magnésium et au zinc. Le fer est également un antagoniste du calcium, du zinc et du magnésium. Il faudra donc toujours prendre ces minéraux à distance d’une complémentation en fer (attention donc aux multivitamines qui combinent ces minéraux !...)

Et c’est encore plus complexe que cela puisque certains nutriments sont de bons amis uniquement s’ils sont pris dans les bonnes proportions ! Par exemple, le calcium et le magnésium sont mieux pris dans un rapport de 2 pour 1 (calcium au magnésium), mais si le rapport est de 8 pour 1, alors le calcium inhibe l’absorption du magnésium et vous pouvez devenir déficient.

Attention aux interactions et risques de surdosages

La revue de la littérature scientifique de Bins et al. 2018 évoque 8% d’hospitalisations liées à des interactions compléments alimentaires/médicaments. Il est important de rappeler la possibilité qu’un principe actif puisse agir en synergie mais aussi en opposition et risque d’aggraver une pathologie.

Car, s’il est évident qu’une carence micro-nutritionnelle est délétère pour la santé, l’excès est, quant à lui, tout aussi dangereux.

Le zinc est un nutriment important pour la santé de l'organisme, mais seulement en petites quantités. Aujourd'hui, la toxicité du zinc est extrêmement courante et les problèmes de santé qui vont avec se comptent par centaines. En outre, le zinc en excès empêche l'absorption de nombreux minéraux, dont le fer.

L’excès de fer a, quant à lui, une action pro-oxydante (qui favoriserait les cancers, infarctus du myocarde et syndrome métabolique entre autres)

Nos métabolismes et nos besoins diffèrent d’une personne à l’autre, et selon le contexte de chacun : projet de conception, maladie inflammatoire chronique, pathologies hivernales récurrentes, douleurs articulaire… Les dosages et la durée de complémentation doivent donc être adaptés selon le profil de chacun.e.

Attention à la qualité et à l’éthique du labo

De nos jours, la plupart des fabricants de compléments se concentrent sur le marketing plutôt que sur la recherche et l’efficacité des combinaisons d’ingrédients. Ce qui est plutôt dommage, car c’est la qualité, la quantité et la synergie des micronutriments contenus dans ces compléments qui devraient faire la différence.

Oligobs, Conceptio, Gametix, Gynéfam… Tous ces multivitamines bon marché, souvent conseillés par les médecins et gynécologues pour optimiser la préconception et la grossesse contiennent des formes peu assimilables de certains nutriments, voire pour certains des nanoparticules, des formes d’oxydes et de sulfates peu recommandables ainsi que des additifs, arômes et colorants parfois cancérigènes…

Un produit multivitaminé de haute qualité contient le moins d'additifs possible et nécessite un processus de fabrication minutieux. Voici les caractéristiques de qualité à prendre en compte pour choisir un bon complément alimentaire:

  • Large éventail de vitamines et de minéraux essentiels
  • Prise en compte des interactions, des synergies et de la biodisponibilité
  • Ne contenant pas de fluor, sodium, phosphore et fer
  • Dosage dans les limites de la quantité journalière maximale recommandée
  • Utilisation contrôlée des additifs
  • Exempt d'allergènes (maïs, soja, levure, gluten, lactose, certains agents de conservation, couleurs, arômes et parfums synthétiques)
  • Pas de gélatine et d'autres substances animales
  • Pack de stockage à long rendement
  • Détails complets des quantités de chaque ingrédient
  • Exempt de nanoparticules et de perturbateurs endocriniens (attention aux emballages)
  • Attention également à la provenance de vos compléments, préférez des origines françaises qui garantissent la traçabilité des ingrédients.

Ce qu’il faut retenir

Gardez en tête que les compléments doivent arriver en dernier recours après avoir rééquilibré votre hygiène de vie et votre métabolisme. Prendre un complément alimentaire n’est pas anodin. Que ce soit des molécules unitaires ou en complexe, il existe une variabilité des effets en fonction du mode de vie, d’éventuelles pathologies, de l’épigénétique ou du métabolisme des individus.

Chaque cas est différent et il n'existe pas UN complément qui répondrait à tous les types d'infertilité. Il est primordial d’avoir une approche globale et personnalisée, nous sommes tou.te.s différent.e.s et un complément qui a fonctionné pour l’un.e ne fonctionnera pas forcément pour vous.

Je vous déconseille de vous auto-complémenter. Les compléments alimentaires peuvent interférer avec d’autres compléments, des aliments et des médicaments, ne pas être adaptés à votre situation personnelle, sans compter qu’il faut bien les choisir et adapter les dosages. C'est pour cette raison qu'il est indispensable de vous faire accompagner par un professionnel (médecin, naturopathe, nutrithérapeute) qui saura vous conseiller en fonction de VOTRE profil.

ATTENTION pas d’auto-supplémentation pendant les protocoles PMA car cela pourrait interférer avec vos traitements. Demandez toujours l’avis de votre médecin (tout en gardant votre libre arbitre, apprenez à lire les étiquettes 😉 )

  • Association of Methylenetetrahydrofolate Reductase C677T and A1298C Gene Polymorphisms With Recurrent Pregnancy Loss in Syrian Women - Al-Achkar W, Wafa A, Ammar S, Moassass F, Jarjour RA.
  • Non-coeliac gluten sensitivity and reproductive disorders. Gastroenterology and Hepatology - Bold J, Rostami K.
  • Women and celiac disease: association with unexplained infertility - Pellicano R, Astegiano M, Bruno M, Fagoonee S, Rizzetto M.
  • Décret n°2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires - https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000638341/
  • https://www.maman-nature.fr/quel-multivitamine-pour-optimiser-ma-fertilite/

Jeûne intermittent et fertilité : bonne ou mauvaise idée ?

Cela fait quelques années déjà que l'on entend parler du jeûne intermittent et de ses bienfaits.  En tant que naturopathe, le jeûne est une pratique qu'il peut m'arriver de conseiller, mais définitivement pas à tout le monde !

La pratique du jeûne devenant de plus en plus populaire, de nombreuses femmes commencent à l’adopter comme pratique régulière, sans se douter que celle-ci puisse les affecter différemment des hommes (chez qui le jeûne n’a que peu d’effets indésirables).

Nombre d’entre-elles témoignent de crises de boulimie, de perturbations métaboliques, d’aménorrhées ou de symptômes d’une ménopause bien trop précoce.

Comment le jeûne intermittent peut influencer notre système hormonal ? Est-il adapté à tout le monde ? Quel est mon avis sur la question et est-ce que je le pratique ? Je vous réponds dans cet article.

Le jeûne intermittent en quoi ça consiste ?

Le jeûne intermittent consiste à ne pas manger sur une période courte et de manière régulière.

Il existe plusieurs formats mais les deux plus connus sont :

- le jeûne 16/8, qui consiste à étaler ses repas sur 8 heures pendant la journée et à jeûner les 16 autres heures. Ce qui revient par exemple à manger exclusivement de 12 à 20 heures ou de 8h à 16h selon vos préférences.

- le jeûne de 24h, à réaliser 1 ou 2 jours par semaine, de préférence le même jour à chaque fois.

Quels sont les intérêts du jeûne intermittent ?

En naturopathie, le jeûne (intermittent ou sur une période plus longue) peut être conseillé dans le but de gagner en énergie et en vitalité, ou encore pour mettre son corps au repos, l’aider à éliminer les toxines et toxiques, réguler la glycémie, diminuer la résistance à l’insuline, augmenter le métabolisme, renouer avec ses sensations de faim etc.

Mais la raison principale avancée par les afficionados du jeûne intermittent est la perte de poids.

Et c’est ici que je vais mettre mon premier warning. Le jeûne, qu’il soit pratiqué de manière intermittente ou sur une plus longue période, n’est pas un régime et ne doit pas être pratiqué dans ce but.

D’ailleurs il est important de préciser qu’il ne s’agit pas ici d’éliminer un repas dans le but de supprimer 800kcal de plus ni, au contraire, de se « venger » et de contre balancer notre frustration sur les repas suivants.  C’est pour ces raisons que cette pratique est fortement déconseillée aux personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire.

L’objectif du jeûne intermittent est de maintenir un apport calorique complet mais sur une période plus courte. Pour cela, on conserve une alimentation équilibrée et on mange à sa faim, en consommant de bonnes protéines, des graisses de bonne qualité et des glucides lents et complets.

Le problème est qu’en pratiquant le jeûne intermittent n’importe comment ou de façon trop extrême et non physiologique, les femmes peuvent aggraver leur problème de poids et/ou entrainer de profonds déséquilibres hormonaux.

De plus, lorsque les hormones de la reproduction sont perturbées, toute une série de problèmes bien documentés peuvent survenir en fonction de la sensibilité des femmes aux irrégularités hormonales et notamment :

- Irrégularités du cycle menstruel (symptômes que l’on retrouve lors d’une hypothyroïdie)

- Infertillité ou difficulté à tomber enceinte

- Aménorrhée (arrêt des menstruations)

- Symptômes généraux de déséquilibre hormonal (SPM, acné, mauvaise humeur, pbs de poids, faible libido, SOPK)

Que disent les études ?

La plupart des études sur le jeûne ont été menées sur des animaux ou des hommes. Le peu d’études effectuées sur des femmes l’ont été sur des femmes en surpoids et/ou ménopausées, mais très exceptionnellement sur des femmes en bonne santé. Ce qui signifie qu’il y a très peu de recherches sur l’impact du jeûne sur les femmes (notre nature cyclique et la fluctuation de nos hormones rendant la standardisation des études très complexe).

De plus, la plupart des études se sont basées sur des jeûnes de 24h complets sur 2 à 3 jours par semaine (soit 1 jour de jeûne sur 2).

Les études animales montrent qu'après 12 semaines, les souris femelles avaient une glycémie et un poids corporel inférieurs (ce qui peut être bon pour la fertilité). Cependant, elles avaient également des niveaux réduits de FSH et de LH, elles ont cessé d'avoir des cycles menstruels et leurs ovaires ont rétréci tout en éprouvant plus d'insomnie que leurs homologues mâles (bien que les rats mâles aient connu une production de testostérone plus faible).

Dans une autre étude, 15 femmes atteintes de SOPK ont suivi un régime très hypocalorique (~ 471 calories / jour) pendant 7 jours, ce qui a augmenté leurs niveaux déjà élevés de LH et réduit la FSH circulante. Mais dans la même étude, le jeûne a également réduit les taux sériques d'insuline et de leptine chez les femmes (ce qui est positif).

Certaines études ont également montré que les effets étaient d’autant plus marqués sur des femmes minces (ayant moins de 20% de graisse corporelle) avec disparition des règles et absence d’ovulation.

En revanche, l'effet clinique de la privation nutritionnelle à court terme sur l'axe reproducteur des femmes qui ont un cycle normal n'a pas été évalué.

Comment le jeûne agit-il sur nos hormones et notre fertilité ?

Nos organes se servent des hormones pour communiquer entre eux. Produites par les glandes endocrines, les hormones sont transportées par le sang et permettent de réguler à distance toutes nos fonctions vitales.

En période de préconception, il est indispensable de réguler notre glycémie.

De ce fait, le meilleur argument en faveur du jeûne serait son efficacité pour faire baisser la résistance à l’insuline (cause principale du syndrome des ovaires polykystiques et à l’origine de l’inflammation chronique de notre organisme).

Or, une glycémie qui fluctue trop souvent ou de façon trop importante est un stress pour l’organisme. Et lorsque le corps féminin ressent trop de stress, qu’il s’agisse de repas peu fréquents et/ou apportant trop peu d’énergie-calories, d’un sommeil insuffisant, d’un excès d’effort physique ou d’une charge mentale et émotionnelle trop forte, la reproduction est le premier processus qui s’arrête.

La GnRH, ou hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires, désigne une neurohormone sécrétée par l'hypothalamus, une petite structure localisée au niveau du cerveau.

Elle agit sur la glande pituitaire qui elle-même contrôle la libération des hormones FSH (hormone folliculostimulante) et LH (hormone lutéinisante).

La FSH et la LH contrôlent quant à elles le cycle hormonal (par la production des œstrogènes et de la progestérone).

Toutes ces hormones jouent un rôle crucial dans l'ovulation, le cycle menstruel et la spermatogénèse.

L’hormone précurseur de la GnRH s’appelle la kisspeptine.

La kisspeptine est produite en grande quantité chez la femme (plus que chez l’homme) et il a été démontré qu’elle était particulièrement sensible aux hormones de la faim et notamment de la leptine (hormone de la satiété), la ghreline (hormone de la faim), l’insuline (régule la glycémie et permet le stockage des graisses) ainsi que le cortisol (hormone du stress)

Ce qui implique que le jeûne chez les femmes a un effet notable et immédiat sur leur cycle hormonal et donc leur fertilité.

jeune-hormones

Durant une période stressante, la progestérone circulante est convertie en cortisol. Donc plus de cortisol signifie moins de progestérone, et inévitablement une dominance en œstrogènes (la progestérone et les œstrogènes se régulent mutuellement. Donc, si votre taux de progestérone est trop bas, vous aurez une dominance en œstrogènes, alors même que votre taux n’est pas en dehors des limites normales).

A noter que même pour les femmes qui n’envisagent pas de grossesse, la santé du système reproducteur est toujours d’une importance cruciale pour leur bien-être en général. En effet, les hormones sexuelles sont vitales pour la solidité des os, la protection contre le cancer, l’humeur, l’énergie et la vitalité, la libido, la santé de la peau et des cheveux et bien d’autres choses encore.

Alors du coup… On fait quoi ?

Le jeûne intermittent, lorsqu’il n’est pas bien pratiqué et adapté, peut entraîner des micro-carences nutritionnelles. Ces déficits, même minimes, s’ils se poursuivent dans le temps, finissent par perturber le bon fonctionnement de l’organisme et notamment le fonctionnement hormonal et immunitaire.

Le jeûne intermittent de plus de 12h, les régimes avec restriction calorique ou encore pauvres en glucides (de type cétogène) peuvent chez la femme :

- augmenter les micro-carences à moyen long terme

- augmenter le taux de cortisol,

- diminuer légèrement les hormones thyroïdiennes

- réguler légèrement à la baisse les hormones sexuelles.

Le jeûne intermittent ne convient donc pas à tout le monde et il est préférable de l’éviter ou de rester sur un jeûne de 12/12 avec 3 repas (période de jeûne de 12h maximum) si vous avez :

- du diabète,

- un dérèglement hormonal identifié,

- un cycle irrégulier ou une aménorrhée depuis plusieurs mois,

- des troubles du sommeil,

- une libido très faible ou absente,

- si vous êtes en sous poids ou que vous souffrez de troubles du comportement alimentaire,

- si vous êtes enceinte, si vous nourrissez votre enfant au sein ou si vous planifiez une grossesse.

Surtout ne combinez pas le jeûne intermittent, la restriction calorique et une alimentation trop faible en glucides ou en protéines (de type vegan). Sinon vous multipliez par 3 ou 4 vos risques de dérégulation du cortisol, d’hypothyroïdie, de déséquilibres hormonaux et de tous les effets secondaires qui les accompagnent.

Si votre but est d’optimiser votre fertilité alors mon conseil est de privilégier une alimentation équilibrée, riche en protéines et en lipides et pauvre en glucides. Le but étant de chouchouter notre glycémie qui est directement liée à notre système endocrinien (= hormonal).

Et pour cela, le meilleur moyen n’est pas de sauter le petit-déjeuner mais plutôt de revoir ce qu’on mange à ce moment-là. Car si votre apport est majoritairement glucidique (pain, muesli, porridge, cérales…), alors cela est pire à mon sens que de pratiquer le jeûne intermittent !

Un bon petit-déjeuner sain et équilibré devrait être composé majoritairement de… protéines ! Et oui, tout le contraire de nos petits-déjeuners français… Pour cela vous pouvez manger des œufs (LA protéine de la fertilité), du saumon, des petits poissons gras, du houmous ou pour les moins courageux et les petits estomacs une poignée d’amandes ou encore un smoothie protéiné (attention à la teneur en fruits dans ce cas !)

Mon avis

Je suis convaincue qu’il n’existe pas une seule manière de faire et aucune méthode miracle !

Tout ce qu’on peut lire sur le jeûne intermittent peut (comme tant d’autres choses) nous couper complètement de nos véritables besoins et de nos sensations de faim. Le plus important selon moi est de réapprendre à écouter son corps.

J’ai pu lire par exemple « s’il existe un déséquilibre hormonal, il est capital de manger dans les 30 minutes qui suivent le réveil et ensuite toutes les 2-3h dans votre journée. » Ayant personnellement une tendance aux TCA, quand je lis ça, je peux me contraindre à petit-déjeuner sans même me demander si j’ai faim et c’est alors un cercle vicieux dans lequel je   n’écoute plus mon corps.

Au final, le meilleur conseil que je pourrais vous donner est de vous écouter ! Soyez flexibles et douces avec vous-mêmes. Testez et observez comment réagit votre corps. Et surtout, faites-le pour les bonnes raisons : non pas pour perdre du poids ou avoir un bébé, mais bien pour vous, pour vous respecter et répondre aux besoins de votre corps.

Le sujet est vaste et complexe et je pourrais bien-sûr aller encore plus loin en vous expliquant pourquoi vous n’avez pas faim du tout ou au contraire vous êtes affamés au réveil. Dans les deux cas, cela peut être le signe que votre apport calorique et en macro-nutriments n’est pas équilibré (repas trop riche le soir ou au contraire trop pauvre en glucides, déficit en neurotransmetteurs…)

Aussi, je vous encourage à vous faire accompagner pour trouver la formule qui sera la plus adaptée à votre cas. N'hésitez pas à prendre contact avec moi si cela vous intéresse.

Prenez soin de vous et de votre fertilité,

Mélanie

Pilules progestatives : l’ANSM appelle à la vigilance

Après Diane 35 et Androcur, de nouvelles pilules progestatives font l’objet d’une alerte de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), car elles augmenteraient le risque de méningiome, une tumeur du cerveau bénigne dans la plupart des cas.

Il s'agit du Lutéran (qui n'est plus commercialisé en France depuis septembre 2020), du Lutényl et de leurs génériques qui sont des progestatifs indiqués dans le traitement de troubles gynécologiques variés -fibromes, endométriose, douleurs mammaires etc- mais aussi utilisés comme contraceptifs.

L’ANSM a lancé un appel à contributions et invite toutes les femmes qui suivent ces traitements à faire part de leur expérience et leurs inquiétudes via un formulaire en ligne ouvert jusqu'au 30 septembre. Elles seront éventuellement appelées à venir témoigner lors d’une consultation publique sur ce sujet le 2 novembre 2020 dans les locaux de l’ANSM.

Concrètement, quels sont les risques pour les femmes qui sont sous Lutéran ou Lutényl et leurs génériques ?

Il est important de préciser que le méningiome est dans la plupart des cas une tumeur du cerveau bénigne, et le risque d'en développer un n’est pas systématique mais toutefois bien réel et il s'agit de faire en sorte de le limiter.

Le risque augmente proportionnellement avec le temps de traitement. Ainsi, une femme qui prend ces traitements plus de six mois a 3,3 fois plus de risque de développer cette maladie qu’une femme qui ne le prend pas. Et à partir de cinq ans, le risque est multiplié par 12,5 pour le Lutényl, et par 7 pour 3,5 ans sous Lutéran. A noter que plus la femme est âgée, plus il y a de probabilité que son méningiome nécessite une chirurgie intracrânienne. Elle est 3 fois plus élevée pour les femmes de 35 à 44 ans que pour celles de 25 à 34 ans.

Plus largement, l’ANSM poursuit une vigilance sur toutes les pilules progestatives, ainsi que des stérilets à base de progestatif. Affaire à suivre…

Quelles sont les recommandations ? 

Si vous prenez l’un de ces médicaments actuellement, pas de panique. Depuis juin, l'ANSM recommande aux patientes, si elles sont actuellement traitées par Lutényl, Lutéran et génériques de consulter leur médecin afin de réévaluer le rapport bénéfice-risque au vu de ces nouveaux éléments.

"Si vous êtes, ou avez été, traitée par acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) ou acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques) et que vous avez des symptômes évocateurs d’un méningiome (maux de tête fréquents, troubles de vision, du langage ou de l’audition, vertiges, troubles de la mémoire…), consultez votre médecin qui vous prescrira une imagerie cérébrale", pécise l'autorité sanitaire.

Est-il possible de remplacer les pilules contraceptives hormonales par des solutions naturelles ?

« La chimie est-elle vraiment faite pour diriger le corps de la femme qui est lui-même géré par une symphonie hormonale aussi précise qu’une horloge ? », interroge le Pr Joyeux.

Fatigue chronique, anémie, diabète, cholestérol, allergies alimentaires, kystes aux ovaires, infections urinaires et vaginales, prise de poids, perte de libido... aucune pilule, quelle que soit sa génération, n’est exempte d’effets secondaires sans parler des risques de thrombo-embolie, de cancer du sein ou encore de cancer du col de l’utérus. C'est pour cette raison que de plus en plus de femmes se tournent vers des méthodes de contraception naturelles dénuées de toute hormone de synthèse.

Rarement proposé par les médecins et gynécologues, vous pouvez avoir recours à un stérilet (Dispositif Intra Utérin ou DIU) en cuivre (sans hormones), même en n'ayant jamais eu d'enfant (les anciennes croyances sont malheureusement tenaces!). C'est un dispositif fiable, néanmoins certaines femmes ne le supportent pas et ils peuvent notamment provoquer des règles plus douloureuses ou bien plus abondantes et plus longues.

Il existe un large choix de contraceptions alternatives et naturelles (spermicides à base d’huiles essentielles, retrait, Clear Blue, la méthode des deux jours, la méthode du calendrier (Ogino-Knaus), la méthode des jours fixes etc.). Celle qui est la plus fiable en matière de contraception est la méthode symptothermique qui consiste à observer le fluide cervical, la température et parfois en plus le col de l’utérus. En revanche, il est important de noter qu'une simple application de téléphone (du type Ovulation Mentor, sympto.org, iCycleBeads, LilyPro, Lady Cycle, Moonly...) ne suffit pas à garantir un suivi fiable. Il est indispensable de se former à cette méthode et vous pouvez vous faire accompagner pour cela par des spécialistes en fertilité holistique qui vous donneront toutes les clés pour être autonome.

Et pourquoi la contraception ne serait qu'une affaire de femmes? En matière de contraception masculine il existe bien sûr les préservatifs mais aussi, beaucoup moins connus, la contraception thermique (au moyen de patch ou de slips contraceptifs). En effet, la spermatogenèse ne peut avoir lieu qu'à une température inférieure de 3 à 4° par rapport à notre température corporelle (d'où l'importance de fuir toutes les sources de chaleur en période de pré-conception! Téléphone portable dans la poche, ordinateur portable sur les genoux, pantalons très serrés ou encore bains chauds sont à proscrire !) Quand la température des testicules s’élève et se maintient au-dessus de celle du corps de façon répétitive sur plusieurs jours, la spermatogenèse se met en veille et la production de spermatozoïdes s’arrête. Cette condition maintenue dans le temps entraîne la chute du nombre de spermatozoïdes de dizaines de millions vers zéro, après une période de 4 à 6 semaines (source Jemaya innovation).

Quelles sont les alternatives pour les femmes atteintes d’endométriose ?

La prescription de pilules progestatives ne fait pas partie des recommandations de la Haute Autorité de santé en cas d’endométriose. Ces traitements sont pourtant utilisés, alors qu'il n’existe pas d’essai clinique prouvant leur efficacité.

En parallèle d'une prise en charge médicale (nécessaire et indispensable), la naturopathie est un accompagnement complémentaire et naturel de choix pour améliorer la qualité de vie et mieux gérer les symptômes.

Endometrio-solutions-naturelles

Il n'existe à ce jour aucune solution miracle pour guérir de l’endométriose, tant au niveau médical que naturel. Mais vivre sereinement est possible. Je vous conseille à ce sujet le merveilleux programme de Peggy Favez du site En d0uceur : Vivre l'endométriose en douceur. Une approche complète en 12 modules qui vous permettra de mieux comprendre la maladie, le fonctionnement du corps, les principes de santé mais aussi d'explorer tous les aspects de votre histoire qui peuvent avoir un impact sur l'endométriose. Beaucoup d’informations mais également des vidéos de yoga doux, des méditations, une visualisation de guérison, des recettes et des conseils santé précieux.

Elle a également écrit un magnifique livre Endométriose, un chemin vers l'équilibre dans lequel elle raconte tout son parcours avec l'endométriose et propose des éléments de compréhension de la maladie tant au niveau physique qu'émotionnel.

Pour aller plus loin

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Il y a quelques semaines, Delphine m'a contactée sur Instagram pour m'alerter sur les dangers de ces pilules progestatives dont elle a malheureusement était victime. Elle a accepté de me raconter son histoire et vous pouvez la retrouver dans l'épisode 7 du podcast.

Opérée à deux reprises d’une endométriose de stade 4, Delphine a pris pendant des années une pilule progestative prescrite par des médecins qui cherchaient à faire taire les symptômes de sa maladie. Le corps médical l’avait prévenue très tôt qu’elle rencontrerait très probablement des difficultés à avoir des enfants. Et après 5 FIV, c’est finalement grâce à un don d’ovocyte à l’étranger que Delphine et son mari ont enfin pu rencontrer leur bébé miracle qui a aujourd’hui 5 ans. Malheureusement, on lui a diagnostiqué une tumeur cérébrale maligne rarissime et cancéreuse l’année dernière, très probablement causée par son traitement contre l’endométriose ainsi que les traitements hormonaux pour les FIV.

Quand on vit un parcours difficile et douloureux pour avoir un enfant, on est souvent prête à accepter beaucoup de choses et on fait aveuglément confiance aux médecins. Aujourd’hui Delphine souhaite alerter sur les risques des traitements progestatifs. Elle nous explique également comment, grâce à sa maladie, elle s’est tournée vers la médecine holistique et comment elle a réussi à n’avoir plus aucune douleur d’endométriose grâce à un changement radical d’hygiène de vie.